« L’on apprend plus de choses dans les bois que dans les livres ; les arbres et les rochers vous enseigneront des choses que vous ne sauriez entendre ailleurs. » C’est Saint Bernard de Clairvaux, moine cistercien, qui s’exprimait en ces termes, voilà près de 900 ans !
L’Ecole, haut lieu de l’instruction, connaît depuis longtemps les limites de l’enseignement qu’elle dispense à ses élèves au sein de la classe. Les connaissances ont un grand besoin de se convertir pour le développement complet du savoir et de l’intelligence. Qu’est-ce que la conversion, sinon la rencontre de l’autre, au-delà des portes de son école, de son village ou de sa ville. « Apprendre dans les bois » est certainement à comprendre dans une acception plus large, dans le sens « apprendre dans le monde ». L’Ecole ne remplirait que partiellement sa mission si elle n’entraînait pas ses jeunes apprentis dans les bois d’aujourd’hui.
Parce que la pratique d’une langue étrangère ne prend décidément tout son sens que lorsqu’elle s’imprègne de la rencontre, qui nous fait dire à l’autre et le comprendre, dans un sourire qui dépasse largement les frontières « Good morning ! », « Buenos dias ! », « Guten tag ! » ou « Buongiorno ! », parce que le voyage dans un livre d’arts ne vaut vraiment que si l’on parcourt un jour les lieux d’inspiration de l’artiste, parce que l’on ne peut bien comprendre Maupassant qu’en ayant, ne serait-ce qu’une fois, côtoyé les normands, parce que le fossile qui passe de main en main dans un laboratoire de sciences prend tout son sens dès lors que l’élève se met, lui-même, en quête du gisement où il était enfoui, parce que… encore… et encore…
En ce début de printemps, les élèves de Maintenon ont passé les frontières symboliques de leurs grands portails bleus. En train, en bus, par avion ou en bateau, tous les moyens de déplacement d’aujourd’hui ont été mis à contribution pour faire découvrir, aux uns, l’ocre du Lubéron, aux autres, la « Bretagne espagnole » des terres de Galice, à d’autres encore, les gratte-ciel flamboyants de « New York City » et la « Statue de la Liberté » qui, placée aux avant-postes, élève sa splendeur sur l’océan (en page de couverture). De non moins chanceux ont égrené leurs pas dans la « Cité entre les ponts » de Stockholm à la découverte du dynamisme scandinave. Puis des élèves s’en sont allés sur l’autre versant du Royaume-Uni, en Ecosse, là où fument les collines. Pour d’autres, ce fut Rome, « la ville éternelle », berceau de la chrétienté, tandis qu’un groupe convergeait à Barcelone, la capitale de la Catalogne, où l’âme carthaginoise se fond dans le mystère de Gaudi. Les plus jeunes collégiens se rendirent jusqu’à Lourdes, au pied des majestueuses Pyrénées, pour une rencontre toujours inattendue, là où, un jour, le Ciel a rencontré la Terre, 150ème anniversaire des apparitions de « l’Immaculée Conception » à une jeune paysanne. Enfin, le périple des destinations s’est achevé, cette année, avec Fribourg la Germanique, presque baignée de la lumière de la « Forêt Noire ».
Parce qu’il est ouverture sur le monde, Maintenon est un établissement qui bouge...
Je remercie les professeurs qui ont préparé et conduit ces voyages, éveillant d’une autre manière l’intelligence de leurs élèves. Il y aura, j’en suis sûr, d’autres occasions de départ, pour ceux qui ne sont pas partis cette année.
L’année 2007-2008 qui s’achève aura été marquée aussi de toutes ces découvertes qui ne se voient pas, comme des graines enfouies profondément dans le sillon qui, le moment venu, laissent découvrir un bourgeon nouveau, et des promesses d’avenir...
A l’attention des élèves qui passent un examen cet année, Je formule tous mes vœux de réussite.
Souhaitant un bon été à tous,